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IV) La Grèce

C'est un petit pays avec de nombreuses îles qui a eu beaucoup d'influence en Méditerranée dans l'Antiquité.

Les premières populations sont arrivées au 3ème millénaire av. J.-C. et se sont d'abord installées en Crète. On ne sait pas grand chose de ces premiers occupants de l'île en-dehors du fait qu'on avait à faire à une civilisation très brillante qui avait d'immenses palais dont les principaux sont :

  • les palais de Cnossos et Phaïstos
  • le palais de Malia

On connaît les crétois surtout grâce aux récits qui ont été écrits sur eux, dont ceux d'Homère.

Minos (d'où le nom de la civilisation minoenne), fils de Zeus et d'Europe, fut le 1er roi de Crète. Il va unifier l'île et installer sa capitale à Knossos. Époux de Pasiphaé, il eut 1 fils et 2 filles dont la célèbre Phèdre (cf. aussi la légende de Thésée qui séduit Ariane, autre fille de Minos. Celle-ci va l'aider à vaincre le Minotaure et à le sortir du Labyrinthe. Mais le père de Thésée, croyant son fils mort, va se jeter dans la mer qui depuis ce jour porte son nom : Égée). La domination de Minos s'étendait sur toutes les îles de la mer Égée.

Légende de Thésée, du Minotaure, d'Ariane et de Phèdre.

À l'époque du roi Minos, il était d'usage entre pays voisins et amis de réunir l'élite de la jeunesse pour concourir dans les exercices de lutte, de course et d'adresse. Les vainqueurs étaient proclamés, des récompenses et des prix décernés avec la plus loyale impartialité.
À l'une de ces réunions prirent part les champions de Crète et d'Athènes.
Androgée, le fils de Minos, emporta le prix de la lutte sur les citoyens d'Athènes qui n'acceptèrent pas cette défaite. Androgée fut alors lâchement assassiné.
Le roi de Crète, Minos, rassembla ses guerriers fit route vers Athènes qui se défendit longuement. Mais les réserves s'épuisant et voyant que la citée ne tiendrait plus longtemps, les chefs athéniens invoquent l'oracle de Delphes pour savoir de quelle façon éloigner le danger. La Pythie leur révèle alors que le seul moyen est d'accepter d'avance les conditions de Minos.
Le roi de Crète, attristé par la mort de son fils, impose l'envoi dans son île, chaque année pendant 30 ans, de 7 jeunes garçons et 7 jeunes filles d'Athènes qui seront livrés au Minotaure.
Ce Minotaure était un taureau gigantesque d'une force incroyable qui se nourrissait de chair humaine.
Absent pendant la guerre, Thésée ignorait le tragique incident qui l'avait provoquée. Il arrive au moment où les 14 jeunes garçons et filles vont être livrés au roi Minos. Mis au courant, il veut les accompagner et partager leur sort.
Son vieux père, Égée, le supplie de n'en rien faire. Les victimes ont déjà été désignées et il n'en fait pas partie.
Mais Thésée reste sourd à ses plaintes, persuadé de pouvoir triompher du monstre, il s'embarque sur le navire à destination de la Crète.
Avant le départ, le roi d'Athènes, accablé de douleur, avait recommandé au capitaine du bateau que si au retour son fils était avec lui, qu'il hisse les voiles blanches, sinon, il saurait que Thésée aurait péri comme tous ces autres jeunes gens.
De l'autre côté de la mer, en Crète, le Minotaure attendait. Il vivait dans une profonde caverne, à l'extrémité d'un labyrinthe dont les plans avaient été dressés minutieusement par un des plus grands architectes de ce temps : Dédale. Une fois entré dans cet enchevêtrement de couloirs, de détours, de circuit, de salles, de corridors... il était impossible d'en sortir, et on devenait la proie du monstrueux taureau.
Quand fut annoncé l'arrivée du vaisseau d'Athènes, les insulaires de Crète vinrent assister au débarquement des passagers.
Spectatrice émue de ce triste défilé, Ariane, fille de Minos, remarque parmi les jeunes gens l'un d'eux, au port altier et vraiment royal. Elle apprend que Thésée, le propre fils d'Égée, s'est livré volontairement. Elle le connaissait de réputation et connaissait son courage. Admirant sa beauté, son coeur frémit à la pensée du terrible sort qui lui est réservé et elle ne peut s'empêcher de lui communiquer sa crainte. Elle offre de le sauver, même au péril de ses jours. Thésée, touché par le charme et le dévouement de la jeune princesse, lui promet que s'il sort indemne du Labyrinthe, Ariane sera son épouse. La fille de Minos accepte la proposition et remet à son futur et intrépide mari un peloton de fil dont elle retient l'extrémité. Le peloton se déroulera sur le trajet que suivra Thésée qui n'aura plus qu'à le suivre pour revenir à la lumière.
Le groupe des victimes s'avance alors vers le Labyrinthe, en franchit l'entrée et disparaît. Toute tremblante, Ariane perçoit en sa main les hésitations du fil qui relatent les mouvements de Thésée. Bientôt, les mugissements du Minotaure se font entendre et l'agitation du fil traduit les péripéties d'un combat, puis c'est le silence. L'angoisse étreint le coeur d'Ariane, mais soudain elle semble percevoir des cris lointains. Ce sont des cris d'allégresse qui se rapprochent se faisant plus clair et plus précis. Le Minotaure a succombé, Thésée est sauvé. Elle tombe dans ses bras, tremblante d'émotion et de bonheur.
Thésée, Ariane et tous leurs compagnons retournent vers le port, hissent les voiles et repartent en direction d'Athènes.
La mer, d'abord d'un bleu azur prend progressivement une teinte sombre et menaçante. Le vent tourne et se met à souffler avec violence. De gros nuages noirs surplombent les eaux et masquent le jour. Sous la tempête furieuse, on cargue les voiles et pour se mettre à l'abri, on relâche dans l'île de Naxos.
Ariane, épuisée de fatigue, s'y repose et s'endort.


Grèce hellénistique. Ariane endormie. 1ère moitié du 2ème siècle. Musée du Louvre.

Mais l'alerte est de courte durée, et le calme revient, le soleil réapparaît et les matelots, impatients, reprennent la manoeuvre et gagnent rapidement la haute mer. Par un inexpliquable oubli, Thésée abandonne Ariane endormie. À son réveil, la fille de Minos, fiancée du héros, se retrouve seule. Courant affolée sur la côte, elle se lamente et implore le ciel. Par un hasard inespéré, Bacchus, revenant de son expédition des Indes, entend les cris de l'infortunée et s'empresse auprès d'elle. Pour calmer son chagrin, il prononce des paroles douces et amicales à Ariane qui l'écoute sans déplaisir. Puis tous deux maudissent le fugitif et Ariane, perdant un fiancé, retrouve en Bacchus un époux.
Pendant ce temps, le vaisseau, poussé par des vents favorables approche de son but. On aperçoit déjà l'Attique. Aussi, pour être le premier à saluer son vieux père, Thésée se dresse sur la proue du navire d'où il reconnaît sans peine le roi d'Athènes. Malheureusement, c'est pour le voir se précipiter dans les flots. En effet, dans la joie de regagner sa patrie, le capitaine n'avait plus pensé à changer les voiles noires du navire.
À ce moment-lé, la mort du Minotaure, le triomphe du retour n'existent plus pour Thésée que la douleur accable. Ainsi les dieux avaient ils voulu punir l'ingratitude et l'infidélité du guerrier vainqueur.

Égée avait péri dans la mer qui porte à présent son nom. Le Minotaure terrassé rendait Thésée digne de monter sur le trône d'Athènes. Son règne aurait dû être calme et prospère, mais le Destin en décida autrement. D'un premier mariage avec Antiope, reine des Amazones, Thésée avait eu un fils, Hipppolyte. Quand il épousa en secondes noces Phèdre, soeur d'Ariane, le fils d'Antiope était déjà un bel adolescent qui se plaisait à l'étude de la sagesse et à la chasse. Mais Vénus, froissée que le jeune prince négligeât ses autels, inspire à la fille de Minos et de Pasiphaé une violente passion pour son beau-fils. Hippolyte repousse ses avances et Phèdre, dans son dépit, furieuse de se voir dédaignée, va se plaindre à Thésée qu'Hippolyte lui a manqué de respect. Ainsi, elle ose proférer des mensonges et des calomnies contre le fils de Thésée, si bien que ce dernier prononce la peine de l'exil contre Hippolyte. Vénus, poursuivant sa vengeance, prie Neptune de la seconder de tout son pouvoir.
Tandis que le jeune prince, monté sur son char, s'éloignait de sa patrie en suivant le rivage,le dieu des mers fait surgir un monstre furieux. Les coursiers, aveuglés par la fumée et le feu sortant de la gueule du monstre, se cabrent. La terreur les entraîne dans une course vertigineuse à travers les récifs, ronces et précipices. Le char, secoué de toutes parts, se brise et Hippolyte, projeté brutalement sur le sol, se fracasse le crâne et meurt en murmurant le nom de son père.
À l'annonce de cette horrible nouvelle, Phèdre, prise de remords et sur le point de perdre la raison, se jette aux genoux de Thésée et fond en larmes, sincères cette fois. Là elle lui avoue son odieuse et fausse accusation, reconnaissant l'innocence d'Hippolyte et se déclarant seule coupable de sa mort. Ne pouvant survivre à la honte de son imposture, elle se donne volontairement la mort.
Cruellement affligé de la double perte d'un fils et d'une épouse dont il croyait posséder l'affection, Thésée pense calmer sa peine en reprenant ses exploits. Quand il revient à Athènes, il ne trouve que désordre et anarchie. Les citoyens se sont armés les uns contre les autres. Il essaie d'obtenir la conciliation mais sans résultat. Dans le désespoir, il se résout à quitter Athènes et se retire dans l'île de Scyros où il pense achever ses jours en paix. Mais c'est sans compte le roi de Scyros, Lycomède, qui soit par jalousie, soit par crainte d'héberger sur ses terres un souverain jadis si puissant, emmena Thésée sur une haute montagne, sous prétexte de mieux voir l'étendue de son royaume, et le précipita sur les roches saillantes.
Ainsi périt misérablement le père d'Hippolyte et le héros qu'Ariane avait sauvé du Labyrinthe.

La civilisation crétoise a été détruite par des invasions grecques et par un raz de marée provoqué par l'éruption d'un volcan (archipel de Santorin).


Archipel de Santorin

Volcan de Santorin

Vers 400 av. J.-C., les Achéens envahissent la Crète, mais vont adopter la civilisation crètoise, c'est à dire la reprendre et la transformer. Ils vont fonder Mycène qui verra alors apparaîtra alors la civilisation mycénienne.

Les mycéniens vont construire d'immenses palais avec des toits à double pente (ils ont en effet gardé les habitudes du Nord où il fait froid).

Ce sont aussi de grands marins qui vont aller jusqu'en Sicile et vers l'est chercher la mer Noire pour y faire du commerce.

De nombreux événements vont donnés naissance à des légendes tel que la Guerre de Troie avec la légende d'Hélène et de Pâris, la légende d'Ulysse et la légende d'Énée qui va aller jusqu'à Carthage puis Rome (où il rencontre Jules César).

Giuseppe Gambarini (Bologne, 1680 - 1720) Énée détachant le rameau d'or (et colombes de Vénus) huile sur toile 258 x 133 cm.
1712-1714

 

Cette œuvre fait partie de la série de dix-neuf toiles qui décoraient la "salle de l'Énéïde" du Palais Buonaccorsi à Macerata, peintes par des artistes originaires de différentes régions d'Italie.


Enlèvement d'Hélène par le phrygien Pâris

 


L'Odyssée d'Ulysse

La civilisation est détruite en 1100 par les doriens (venant du Nord) qui connaissent le fer (alors que les autres utilisent le bronze).

Beaucoup d'Achéens vont en Asie mineure (Grèce d'Asie) où ils vont fonder plusieurs villes. Apparaît alors une société aristocratique et guerrière. Le pays est divisé en citées (=petites villes entourées de campagnes). L'exemple le plus marquant est celui d'Athènes qui va dominée la Grèce et où va naître la « Démocratie ».

 

Les citées grecques sont toujours construites sur un même modèle.

Prenons l'exemple d'Athènes. Sur la colline, l'Acropole domine la ville.

On y trouve beaucoup de dieux et déesses qui vivent comme les hommes (ils se battent, se vengent...). Ainsi, Zeus trompe sa femme, Héra, avec qui il a eu une fille, Athéna (déesse de la guerre, des sciences et des arts) souvent représentée accompagnée d'une chouette, d'un serpent et d'un coq, sans oublier l'olivier (arbre sacré). On y rencontre aussi Artémis, déesse de la chasse., et bien d'autres encore.

Légende :
  1. Pronaos (vestibule d'entrée)
  2. Naos (salle où se trouvait la statue d'Athéna)
  3. Trésor de la cité
  4. Vestibule arrière

Plan du Parthénon à Athènes

 

Les temples étaient composés de colonnades : Péristyles.

Dérivé directement de la salle principale du palais mycénien, le plan du temple grec était rectangulaire, et dès l'époque, alors que la pierre a remplacé le bois premièrement utilisé, toute la décoration sculptée était peinte.

Comme on peut le voir sur ces photos, le temple grec est composé de différents éléments :

  • Le fronton
  • la frise, composée d'une suite de métopes entourés de triglyphes


Métope

Triglyphe
  • les colonnes
  • les chapiteaux*

*On distingue 3 « ordres » en architecture. Ceux-ci se distinguent d'abord par les colonnes (forme, base et surtout chapiteau) et par la décoration, notamment la frise, bandeau sculpté au-dessous de la corniche.


Les ordres dorique, ionique et corinthien

La frise dorique est discontinue, elle alterne métopes (dont les panneaux sculptés sont tous différents) et triglyphes (blocs portants 3 bandes verticales en relief).


Chapiteau de type dorique

La frise ionique, moins sévère et finement sculptée, comportait soit une succession de fleurs ou de palmes, soit un bandeau composé de scènes mythologiques.

L'ordre corinthien se distingue par ses chapiteaux aux feuilles d'acanthe. Apparut eu Vème siècle, il fut surtout utilisé à l'époque romaine.

On trouve de très nombreux temples un peu partout en Grèce et sur ses îles. Par exemple, le temple dédié à Zeus situé à Olympie. C'est d'ailleurs en son honneur qu'on a inventé les Jeux Olympiques (avec des épreuves comme la lutte, le lancer de disque, la course...).

 

On a aussi le temple d'Apollon (dieu des arts, de la musique et du beau, toujours entouré de muses), situé à Delphes où il s'exprime par un Oracle (la Pythie)

En-dehors d'Athènes, plusieurs sites sont à voir :

  • Eleusis où on pratique une religion un peu différente. Elle célèbre le culte d'un mystère révélé par un poête : Orphée. Celui-ci raconte le mythe du dieu Dyonisos, mangé par les Titans qui vont être par la suite foudroyés par Zeus. Ce dernier va alors pouvoir ressusciter son fils. Des cendres des Titans vont naîtrent les hommes.
  • Corinthe où on trouve plus de monuments romains que grecs
  • Tarente en Italie du Sud
  • Syracuse et Agrigente en Sicile où on peut visiter l'Agora qui deviendra par la suite le forum romain.
 
  • Sinon, en Orient (Asie mineure), on trouve également des traces du passage des grecs, notamment à Éphèse (en Turquie actuelle). C'est la plus grande ville avec des ruines, des bibliothès;ques et un temple faisant parti des 7 Merveilles du monde : le Temple de Diane.
  • En Égypte : Alexandrie fut pendant 3 siècles la plus grande ville du monde, avec 1 million d'habitants. Elle avait une immense bibliothèque (qui a malheureusement brûlé), un musée et son fameux phare (tour de marbre située sur l'île de Pharos)
  • Enfin n'oublions pas les pays comme la Syrie avec au nord, Antioche, la Turquie avec Pergame (beaucoup de monuments sculptés, décorés et peints et dont un fragment de frise orne actuellement le grand hôtel de Berlin du nom de Pergamone). Pergame a aussi contribuée à la diffusion de l'écriture grâce à l'invention du parchemin (peau d'agneau traitée et donc très fine qui se conservait mieux que le papyrus). Et l'Irak.

 

La civilisation grecque se transmet donc dans tout l'Orient, et Alexandre le Grand est le seul par ailleurs, à avoir réussi la conquête de l'Afghanistan.

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